En 1994, Pascal
Aubier écrit avec Patrick Modiano le scénario de ce film,
dans la mémoire de leur commune jeunesse dans les jupes de la Nouvelle
Vague....
Harvey, un jeune provincial, guide à l'occasion, accueille à
Paris une troupe de chanteurs Géorgiens venus pour trois jours
de concerts. Au cours d'un repas avec les Géorgiens dans un restaurant,
un client, affirme reconnaître en Harvey le fils de Gascogne,
figure centrale et séduisante du cinéma et de la vie parisienne
des années 60-70...
« Ce fils de Gascogne est en quelque sorte le fils de la Nouvelle
Vague. L'argument du film consiste dans l'évocation de ce moment
du cinéma, au début et au milieu des années 60,
où les uns faisaient des films dans lesquels les autres jouaient,
où le désir circulait, où faire un film et vivre
le cinéma revenaient au même. Pascal Aubier, qui a vécu
cette période, en retrace les contours sans aucune nostalgie,
à travers un délicieux parcours semé de vraies
rencontres et de fausses pistes. Il a demandé à une pléiade
d'amis de défiler dans son film, de jouer leur propre rôle.
Cela pourrait être lourd, snob et ça ne l'est pas.
Ce fils de Gascogne et de la Nouvelle Vague est un jeune homme d'aujourd'hui,
orphelin mais entouré de pères de substitution qui font
« rhizome » comme dirait Deleuze. Au fond, c'est ça
l'idée d'Aubier: la Nouvelle Vague, en plus d'être un mouvement
artistique, a dessiné les contours d'une famille « éclatée
», sans père ni mère, mais riche de filiations croisées
« hors famille ». Cette image de la Nouvelle Vague est plus
chaleureuse (et sans doute plus juste) que celle d'un groupe sectaire,
comme le laissent entendre encore aujourd'hui ceux qui ne lui ont toujours
pas pardonné d'avoir innové et bousculé le cinéma.
Alors c'est vrai, nous sommes tous des fils de Gascogne. »
Serge Toubiana « Les Cahiers du Cinéma »