A la sortie du film - deux ans après son achèvement en
1971 - faute de distributeur, Pascal Aubier indique que son film a été conçu
comme un film-spectacle, une fable divertissante qui devrait exprimer une idée simple
: la Révolution n'est pas une gaudriole. La gaudriole étant très généreusement mélangée aux idées révolutionnaires de l'époque.
Il résume ainsi Valparaiso Valparaiso :
La très fabuleuse et très édifiante vie aventureuse
du camarade Balthazar Lamarck-Caulaincourt, au pays des enfants de Blanche Neige et de Che Guevara.
Le film tiendra plus d'un an dans la salle parisienne qui l'a accueilli
(Studio de la Harpe, aujourd'hui disparu) et deviendra rapidement
un "film culte" ce qui ne veut pas forcement dire grand
chose. Mais il sera aussi vu dans le monde entier à Cannes,
Moscou, San Fransisco, Chicago, Manheim, Sydney, Melbourne, au Havre
et y compris à Valparaiso ou sa copie sera brûlée
par les soldats de Pinochet en 1973. L'histoire vous joue de ces tours...
« Avec Valparaiso... Valparaiso, Pascal Aubier a réalisé
un film politique dont la maturité
tranche sur le manichéisme de la production française
du genre. Mais le film n'est pas seulement dialectique : il est avant
tout cinéma, fait par un amoureux du cinéma. »
Martin Even « Le Monde »
« Dans son film, dont l'élément moteur est la critique
du comportement pseudorévolutionnaire, Pascal Aubier a choisi
l'humour??, ce qui est une force, n'excluant ni la raison, ni le talent.
Ce cinéaste nous paraît plein de personnalité intelligente,
de jeunesse et d'imagination. »
Carlos J. Allende « Ahoro » Chili
« Comme il s'agit d'un sujet extrêmement sérieux,
Aubier a tout naturellement recours à l'humour marxiste (groucho-marxiste
naturellement), retrouvant pour notre joie le style du vieux révolutionnaire
que nous aimons et admirons. Le film prend l'allure d'une joyeuse gambade
à travers la Révolution sans oublier pour corser le tout,
quelques filles ravissantes. »
David Gow « The Scotsman » Royaume Uni
« Une très belle prouesse des acteurs : Bernadette Lafont
en Mata Hari déglinguée, Alain Cuny sec et guindé,
solennel, dans le rôle principal, génial en face de Laszlo
Szabo qui, sous la férule de Pascal Aubier a déployé
toutes les ressources d'un cabotinage très conscient face à
l'austérité de Cuny. L'invention est constante qui relance
par des effets imprévus, une histoire de politique/fiction autant
inspirée de certains aspects de Mai 1968 que d'Arsène
Lupin ou de Rouletabille et des Aventures des Pieds Nickeles... »
Albert Cervoni « L'Humanité » Avril 1971
« L'intelligence de Pascal Aubier et, du même coup, le
plaisir qui transparaît à chaque moment de son film, est
d'entreprendre un point d'équilibre entre la séduction
et la dérision, une critique des signifiants. Valparaiso ...
Valparaiso conduit un ??procès par élimination et le conduit
dans le cinéma même. L'héroïsme de Balthazar
accumule des situations, mystère, torture ou poursuite, qu'il
veut dominer comme il veut maîtriser les idées et la parole
ou comme il veut séduire les archétypes de la garce, de
l'espionne, de l'ingénue perverse et de la paysanne.»
Louis Seguin, "La Quinzaine Littéraire" ler Juillet
1971
« Comme Jean Gabin dans « Quai des Brumes », Balthazar
ne parviendra pas à s'embarquer pour l'Amérique. Cette
comédie le plus souvent hilarante ne pourra faire enrager que
quelques intellectuels, fanatiques sans doute de Marcuse et Lukacs.
»
Peter Cowie « International Film Guide » USA
« Valparaiso... Valparaiso est un film plein de joie et d'espoir.
On y retrouve cet éclat, cette tendresse et cette légèreté
qui étaient la caractéristique des courts métrages
de Pascal Aubier. »
Andreï Mikhalkov-Kontchalovsky - Moscou